Caractéristiques morphologiques et magiques


     Ce document est une étude des caractéristiques physiques du peuple de la Péninsule Maudite. Il a été réalisé par les Lutins et les Géants du Continent Lunaire, avec l’aide de quelques Druides Elfes, sur des corps et des individus capturés aimablement fournis par les Nains. Il sera copié et distribué de telle sorte que chaque garnison susceptible d’être confrontée à ces créatures puisse en disposer, de même que tout Logicien ou Thaumaturge, de quelque sorte qu’il soit, puisse l’utiliser pour enrichir ses connaissances. Il est également fortement recommandé aux Drelöths et aux Druides de tout peuple de s’en servir pour développer des techniques de la Voie du Serpent plus adaptées aux combats face aux Bourreaux de Vie.

     Vous comprenez sans nul doute l’importance de ce document, et nous demandons aux lecteurs de fournir expressément toute information permettant de le compléter, car il est loin d’être exhaustif. Contacter pour cela le Dragon le plus proche de vous, ou, à défaut, la personne la plus apte à faire parvenir les renseignements à votre capitale, qui fera suivre jusqu’au Continent Lunaire.

     En ce qui concerne la Magie de type arcanisme, les Bourreaux de Vie ne fonctionnent pas comme les autres peuples : au lieu d’avoir dans chaque espèce différents stades de maîtrise, un seul est possible pour chacune d’entre elles, sous réserve des capacités de l’individu. Ainsi, les Gobelins et les Cyclopes ne peuvent qu’être mages, les Hobgobelins archimages, les Orques sorciers, les Trolls ne peuvent pas accéder à l’arcanisme, et les Halvorques ne peuvent qu’être des Spécialistes. Bien que la Magie psyolite soit présente chez eux, on n’a jamais encore relevé d’activité de Liches. Merci de signaler de toute urgence une preuve démontrant que certains d’entre eux sont capables d’accéder à ce stade.

     D’une manière générale, tous possèdent une infravision qui leur permet de voir correctement dans les milieux peu éclairés, et un néo-cortex développé. Tous ont donc des facultés d’abstraction et d’association d’idées en-dehors du besoin, les capacités de transmission inter-générations, et l’art.


I. Le Gobelin

     Parce qu’ils sont très vifs, criards et souvent désordonnés, les Gobelins ont longtemps été pris pour des créatures stupides. Il n’en est rien. Ils comprennent remarquablement bien tout ce qui les entoure, en particulier tout ce qui a trait aux arbres. Il s’avère simplement que leurs réactions sont un peu vives et maladroites, quand il s’agit de précision manuelle, car leur comportement arboricole leur confère une agilité et une précision dans les bras et jambes difficilement égalable.

     Physiquement, le Gobelin ressemble à un petit primate dont la taille serait d’un mètre cinquante. Petit primate car il possède une grande queue préhensile (d’environ 70cm) et des membres très longs et très maigres. De fait, le Gobelin possède un corps hideusement décharné, à tel point que son pagne repose sur l’os saillant de sa hanche. L’avantage de cette constitution est qu’elle lui permet de garder l’agilité et le mode de déplacement des singes sans avoir besoin d’une trop grande force, donc de muscles à entretenir par une nourriture riche, trop rare dans son environnement naturel. De plus, on repère facilement les os brisés ou fracturés, et il est si léger (pas plus de 30kg) que la plupart des grands arbres ne ploient que très peu sous le poids d’un Gobelin, ce qui lui assure une très grande discrétion.

     Les mains et pieds du Gobelin sont adaptés à la vie arboricole : quatre doigts très longs et très forts pourvus de griffes plus un pouce préhensile forment sa main, dont la paume mesure, dans sa longueur, la moitié du plus long des doigts, soit environ 7cm. Le pied possède aussi un orteil préhensile, mais celui-ci est orienté vers l’arrière à partir du talon, comme pour les serres des oiseaux. On retrouve ici aussi des petites griffes ; les orteils sont séparés dès les os métatarsiens et possèdent donc quatre phalanges. La taille totale avoisine celle du buste. Cette disposition fourni au Gobelin quatre membres de longueur égale (75 cm plus main ou pied) capables de saisir et de manipuler les objets. Ainsi, il est capable de se déplacer avec aisance dans les arbres, et de combattre avec n’importe quelle arme quelque soit le membre qui la tient, sachant que les quatre appendices sont d’habilité équivalente, c’est-à-dire assez basse, à cause de la disproportion doigt/paume et de son empressement pour tout.

     En ce qui concerne sa tête, le Gobelin en possède une de forme sphérique aplatie, aussi large que ses épaules (une trentaine de centimètres), qui a deux particularité principales : deux immenses oreilles en pointe placées sur les côtés, comparables à celles des Elfes, quoique plus arrondies à leur base, complètent une ouïe très fine. Ajoutons à cela une bouche dont les lèvres dessinent l’ensemble de la mâchoire, ce qui permet une ouverture démesurée pour avaler la nourriture en grandes quantités. Ceci est du au besoin qu’a le Gobelin de se nourrir rapidement, étant plus faible que la plupart des prédateurs. Une soixantaine de canines complète cette bouche immense. Grâce à l’immensité et à la mobilité de ses lèvres, le Gobelin est capable d’articuler des centaines de sons subtilement différents, ce qui donne l’impression à l’oreille mal exercée qu’ils ne poussent que de vulgaires cris suraigus pour converser. En fait, les différences de tonalité sont minimes, et il est capable de chanter avec un brio certain quand l’envie lui en prend. Le Gobelin possède en outre un odorat puissant avec un nez fortement marqué et de gros bourrelets sub-orbitaux qui protègent ses yeux rouges à facettes sans paupières.

     Les yeux à facettes sont habituellement une caractéristique propre aux insectes, mais les Bourreaux de Vie n’en ont cure. Nous verrons qu’ils mêlent insecte et primate dans leur morphologie assez fréquemment. Pour le Gobelin, ses yeux en témoignent, mais également une autre particularité : sur sa peau d’un brun très foncé tirant sur le vert presque noir, on remarque des poils très durs, assez courts (pas plus de 2cm), qui le couvrent partout mais jamais suffisamment pour cacher l’épiderme. En les observant de plus près grâce à des sorts, on a pu mettre en évidence un enduit collant les recouvrant, de la chitine comme composant principal, et une structure fractale. De fait, ils sont très proches des poils utilisés par le commun des insectes pour s’accrocher sur toutes les surfaces. En restant dans l’optique de leur milieu de vie, il parait en fait bien mieux adapté à son environnement que nos singes, et fait un remarquable espion : discret, avec une oreille fine, une agilité hors norme, une capacité naturelle pour la dissimulation grâce à sa couleur et le fait qu’il peut, en théorie, accéder à toute les parties des habitations par leur petit gabarit et leurs poils adhérents. D’autant plus qu’il est le seul, avec l’Halvorque, à voir dans la nuit totale.

     Le Gobelin peut se terrer absolument partout, c’est là que réside sa dangerosité. Egalement, il est recommandé de ne jamais le laisser pour incapable de se battre, du fait de sa facilité à utiliser tous ses membres pour la saisie, y compris sa queue, bien qu’elle soit d’une habilité inférieure... En revanche, le Gobelin au sol est maladroit dans son déplacement, car sa bipédie imparfaite le contraint à se déplacer sur ses jambes pliées sur le côté, l’axe du corps est cependant très droit grâce au maintient offert par sa queue.


NB : En raison de la taille de ses doigts ou orteils par rapport à sa paume, le Gobelin peut souvent réaliser un tour complet autour de l’objet qu’il saisit avant de le caler au creux de son membre. Il est très difficile alors de le lui arracher.


II. L’Hobgobelin

     Il ne faut plus croire, désormais, que l’Hobgobelin est plus évolué que le Gobelin. En effet, si cette idée est facile au début à cause de critères tels que la bipédie parfaite de l’Hobgobelin, sa plus grande habilité grâce à un meilleur équilibre entre taille des doigts et taille de la main, son langage plus clair, et surtout le fait qu’il peut être archimage, les dernière études montrent que les deux races semblent issues d’une seule et même espèce possédant des qualités des primates et des insectes, mais qui a divergé au fil du temps en deux autres bien distinctes. Ils ne peuvent en effet pas se reproduire entre eux.

     L’Hobgobelin est un bipède parfait, et donc, bien que sa taille soit d’un mètre cinquante comme les Gobelins, il les dépasse de vingt centimètres à terre. Ce maintient est assuré par sa queue, non préhensile et plus proche de celle des sauriens par son épaisseur et sa mobilité (elle constitue à ce titre une arme naturelle potentielle). Parce que son comportement est plus calme et posé que ses congénères, l’Hobgobelin est plus habile, meilleur tacticien et combattant que les autres. Il fait donc un bon soldat, à la dextérité élevée, grâce à ses mains très bien proportionnées. Il ne fait aucun doute qu’il a très tôt utilisé des armes de jet et des épieux pour se défendre. De fait, il est plus musclé qu’un Gobelin (et pèse donc autour des 45kg), très précis, est le Bourreau le plus habile de ses mains, et ne possède plus les griffes propres aux Gobelins mais des ongles. Si son pied a perdu le caractère préhensile et que ses orteils se forment aux phalanges, il a gagné une grande vitesse à la course, sa queue faisant balancier et sa plante possédant une bonne surface. Les orteils n’ont ici que les trois phalanges habituelles des primates, rétrécies, puisque les quatrièmes sont soudées pour former la plante du pied. Les quatre orteils avants ne mesurent que quelques centimètres et le cinquième est réduit à un ergot derrière le talon. La taille du pied est celle de l’avant-bras, soit autour des 35cm. Sur ces deux points de constitution et de vitesse, l’Hobgobelin est très comparable aux Elfes. En habilité au combat, il vaut également un guerrier Elfe, mais son rôle principal est de mener les troupes et de repérer les failles. En effet, il comprend ce qui l’entoure aussi bien qu’un Gobelin, mais analyse beaucoup mieux, car il évite de réagir trop vite aux événements. Cela ne l’empêche pas d’être vif quand il le faut, et de bien réagir au danger avec des réflexes tout à fait honorables.

     Le crâne de cette créature est très allongé et étroit, terminé en pointe vers l’arrière à son sommet. Il possède deux yeux rouges à facettes, et un grand nez proéminent et bossu. Ses oreilles sont semblables à celles des Gobelins, mais plus petites. Les bourrelets suborbitaux sont réduits, d’où une meilleure vue ; l’odorat est l’un des plus fins relevés à ce jour, toutes espèces vivantes confondues. Son ouïe est relativement faible. Les deux particularités les plus étonnantes de l’Hobgobelin sont ici aussi sur son crâne. Au-dessus des yeux sont implantés deux antennes, très semblables à celles des fourmis mais dont chaque partie mesure entre 25 et 30 centimètres. La seule utilisation certaine qu’en fait l’Hobgobelin à ce jour est le captage des mouvements d’air, ce qui lui permet de compenser son ouïe et de repérer les zones où se déplacent des objets tels que les projectiles ou d’autres sortes d’armes. L’utilisation de phéromones de communication n’est pas exclue, tout comme la participation aux incantations et au flair, mais les preuves évidentes de ces possibilités n’ont pas encore été mises à jour.

     La partie la plus étrange de l’Hobgobelin réside dans sa bouche. Son visage trop fin ne lui permet pas d’avoir des mâchoires suffisamment développées pour son régime alimentaire, essentiellement de la viande crue déchirée avec ses petites canines. La solution réside dans un organe hybride entre la langue, dont il possède les capacités articulatoires et gustatives, et la trompe des mouches communes. Cet organe renferme en effet un tube sécrétant une substance ramollissant les aliments, ce qui permet à l’Hobgobelin de les mâcher plus facilement. De plus, le tube est capable d’aspirer en partie la nourriture en créant un vide d’air, ce qui maintient les grosses parts dans la bouche, l’ouverture maximale de la bouche étant limité par l’étroitesse des mâchoires d’une part, et le manque de souplesse des lèvres de la créature.

     Ce manque de souplesse, qui force l’Hobgobelin à parler lentement, est dû à l’absence de muqueuses à cet endroit. Les lèvres sont constituées de la même façon que la peau, en écailles, bien que beaucoup plus petites et nombreuses dans les zones souvent sollicitées par le mouvement comme les lèvres. Longtemps, on a cru que les écailles dans les tons jaunes parsemant les corps hobgobelinoïdes étaient similaires à celles des sauriens. Il n’en est rien. Les dernières études montrent une forte ressemblance avec la cuticule des insectes, notamment par la composition en chitine. Cette dernière ne pouvant pas former un exosquelette de cette taille sans s’écraser, elle est divisée en petites sections de quelques millimètres carrés à une dizaine de centimètres carrés pour les parties les mieux protégées, articulées par des fibres d’élastines similaires à celles du derme des Nains.

     Dans tous les cas, bien que le squelette de l’Hobgobelin soit aussi fragile que celui d’un Elfe, cette épiderme de chitine renforce grandement sa résistance aux coups et petits projectiles, lui octroie un avantage certains dans tous les types de combats à mains nues et permet d’éviter la plupart des micro fractures bénignes.

     L’Hobgobelin, très intelligent et bon guerrier, est toujours en tête des assauts des Bourreaux-de-Vie. Il va de soit qu’il est la cible prioritaire de la résistance. Attention cependant : il est très rusé, généralement habile aux armes, s’enfuit vite, et esquive facilement les attaques à distance grâce à ses antennes qui lui indiquent les mouvements d’air. Il fait un excellent assassin, car relativement agile malgré son manque de souplesse comparé à son homologue Gobelin, et à cause de son intelligence redoutable comme de son habilité au tir, et sait donc parfaitement les contrer. L’Hobgobelin est des plus dangereux, car le plus imprévisible : il peut aussi bien fuir, attaquer, mener la charge que tuer sournoisement ou dresser des pièges. Il agit selon ce qu’il pense être le plus efficace pour après, ou le meilleur moyen de sauver sa vie, d’où un effet de surprise assez fréquent dans les combats contre ces créatures au comportement aléatoire mais sournoisement réfléchit.


III. L’Orque

     L’Orque est également un primatomorphe, mais il tient plus du grand singe par son absence de queue et sa musculature. En fait, il a complètement abandonné la vie arboricole pour s’adapter à un milieu de hauts plateaux et de montagnes. Ainsi, ses bras ont considérablement rétréci, ses poignets atteignant ses hanches de manière à lui fournir un fort effet de levier nécessaire pour déplacer les rochers. Bien que bipède, son corps est très trapu, ses jambes courtes abaissant son centre de gravité pour lui assurer une stabilité et une résistance à la poussée/traction phénoménale. De fait, pour 170 à 180cm et 100kg en moyenne, ses jambes ne mesurent jamais plus du tiers du corps, pour de grands pieds très larges avec deux gros orteils. Au total, ils peuvent atteindrent les 35cm de long pour 15cm de large.

     L’Orque est donc une brute, avec souvent un bon mètre de largueur aux épaules, et des muscles saillants sur tout le corps. Ses os son épais et solides, ses mains grandes, fortes et épaisses. Au total, il peut développer une force de frappe ou de levier avoisinant la tonne, soit bien plus qu’un centaure-gnome. Il n’est en revanche pas très souple et son allonge est limitée, d’où l’utilisation d’épieux et d’armes lourdes ou à deux mains très longues pour le combat. Il est de surcroît un excellent lutteur, malgré sa vitesse de réaction assez faible, grâce à sa stabilité et à sa résistance. Résistance qui en fait une troupe capable de tenir des positions sans broncher face à de violentes charges et d’encaisser une chute de rochers. Il est presque impossible de mettre un Orque à terre. Son pied est trop sûr, son assise des plus stables, grâce à sa parfaite adaptation à son environnement escarpé.

     L’Orque possède un crâne qui laisse peu de place au cerveau, d’où sa vitesse limitée et son intelligence très faible. Ceci est dû à un prognathisme très marqué, ses mâchoires occupant deux bons tiers du crâne. De fait, il a de petits yeux simples souvent jaunes, des oreilles sans lobes et un nez triangulaire minuscule tellement retroussé qu’il se confond presque avec le reste du visage. La mâchoire inférieure est plus développée que la supérieure, ce qui ne lui permet pas d’articuler un langage très clair. D’autant plus qu’il a deux défenses verticales d’une vingtaine de centimètres qui saillent de cette mâchoire. L’utilité de ces défenses au combat reste à démontrer, même si on a vu des Orques s’en servir pour frapper au corps-à-corps. En revanche, il s’en sert fréquemment comme outil pour guider les fils, pour tracer des signes, ou comme couteau de secours car elles sont aiguisées vers l’intérieur. Leur composition riche en chitine permet de penser qu’elles se rapprochent des mandibules, tout comme le fait que l’Orque peut les faire bouger en utilisant des muscles appropriés. Il n’est pas exclus que ces mouvements permettent l’élaboration d’un langage plus complexes que les grognements et gargouillis, car l’Orque ne peut pas avoir une vie sociale et militaire aussi développée sans un langage permettant les nuances et les sous-entendus, tout comme un vocabulaire précis.

     Après quelques analyses sur le derme vert de l’Orque, on a isolé de nombreux îlots de cellules sécrétant de la cuticule juste sous l’épiderme, en lieu en place des cellules sécrétant habituellement les poils chez les mammifères. Cette addition de cuticule à la chair de l’Orque explique en partie son manque de souplesse, avec l’épaisseur des os dont les ligaments ne peuvent se plier correctement du fait de l’encombrement et des fibres musculaires trop raides et denses, mais surtout permet de comprendre l’absence de lésions type hématome dans sa peau et un temps de cicatrisation plus long que la moyenne dans le cas d’une coupure. La cuticule se retrouve également dans les vaisseaux sanguins, qui dès lors se brisent plus qu’ils ne se sectionnent, évitant les trop grandes pertes du sang jaune de l’Orque. Ce sang possède des propriétés anesthésiantes qui permettent à l’Orque de ne pas souffrir de la plupart des blessures peu profondes. Autrement dit, il faut l’entailler sur plusieurs centimètres de profondeur pour qu’il commence à sentir une douleur. Les îlots de cellules susmentionnés ne semblent pas renouvelables, ce qui explique la persistance des cicatrices à vie s’ils sont détruits par une blessure. La production de cuticule pour ces zones est assurée par les îlots adjacents, qui s’agrandissent en fonction des besoins.

     L’Orque est donc taillé pour la guerre et la lutte. Il peut porter des armures très lourdes sans fléchir et manier à une main des armes trop lourdes pour des guerriers elfes entraînés. De fait, ses armes sont longues et pesantes, même s’il les utilise à une main avec un bouclier, pour compenser son manque de vitesse et d’allonge comme de précision. Véritable boucher en mêlée, il est de surcroît un gardien extrêmement efficace capable de tenir une position comme personne et de résister sans presque broncher à une charge de centaures. En revanche, il est très mauvais tireur et son habilité étant ce qu’elle est, une passe d’arme un peu complexe permet de se mettre en bonne position pour le frapper, à condition d’être capable de le blesser suffisamment fort pour qu’il le sente ou l’handicaper. Il est également facilement pris au dépourvu, s’habituant très vite aux structures répétitives.

     Nous avons pu relever trois zones assez sensibles chez l’Orque pour qu’une blessure peu violente lui provoque une douleur : sous les aisselles et le sommet du crâne (rapport à l’irrigation sanguine ?). Il est en revanche parfaitement inutile d’essayer de lui frapper dans l’aine, cette zone est pour ainsi dire énervée. Quant à tenter de le mettre KO par un coup faisant tourner violemment la tête, sa mâchoire est trop résistante et son cou trop solide pour y arriver à moins de posséder une force de centaure-gnome et un marteau de guerre.


IV. Le Troll

     Avec le Troll, nous entrons dans la phase des créatures les plus étranges de la Péninsule Maudite. Le Troll mesure environ 5m, comme les Géants, mais est bien plus lourd : facilement 500kg. A première vue, il ressemble à une tortue qui se serait redressée sur ses pattes arrières, aurait hérité d’une bouche de crustacé, et d’un exosquelette de cuticule doublé d’un endosquelette de mammifère.

     Le Troll est d’une force prodigieuse : un seul de ses bras est aussi fort que les deux bras adjacents d’un Géant. Les plaques de cuticule qui recouvrent ses membres n’altèrent en rien sa souplesse, elles sont parfaitement organisées pour s’emboîter les unes sur les autres et remplacent les fonctions habituelles de l’épiderme. En disséquant les bras d’un Troll, on remarque que chaque muscle et chaque os est présent deux fois. On peut dès lors émettre l’hypothèse selon laquelle le Troll avait auparavant les six pattes réglementaires des insectes et que quatre d’entres-elles ont fusionné pour donner deux membres de force et de résistance égale à la somme des deux. Il reste de cette deuxième paire de membres les pinces de cuticule similaires à celles des crustacés, qu’il peut alterner avec des mains à quatre doigts au bout de ses bras, faisant pénétrer l’un ou l’autre à l’intérieur de l’appendice. Ces pinces sont les armes principales du Troll au combat, bien qu’il puisse utiliser une arme à sa taille avec ses mains. Les plaques de cuticule qui le recouvrent sont fréquemment renforcées par du calcium, à l’instar de l’exosquelette des crustacés.

     En temps normal, les animaux ne peuvent pas posséder de double squelette comme le Troll, à cause de l’encombrement qu’il impose. Il s’avère en fait que les plaques sont un peu plus lâches qu’elle ne devraient l’être pour un être de cette taille, et notamment la carapace articulée qui recouvre tout son tronc. Cela permet d’une part la mise en place de l’endosquelette avec une capacité d’absorption des chocs élevée, mais aussi, par des processus supplémentaires de compression et déshydratation des tissus, de les replier à l’intérieur de ladite carapace, les plaques des appendices se recouvrant pour comprimer les membres. Les plaques de cuticule s’agencent donc selon une disposition latérale et transversale, ce qui dévie parfaitement les coups et offre au Troll une mobilité comparable à celle de tout primate. Du reste, son corps est équilibré de la même manière que pour un Géant en ce qui concerne ses diverses proportions, à l’exception de ses pieds, dont la cheville et redressée en arrière, comme chez les canidés.

     La carapace du tronc se compose plutôt de kératine, comme celles des reptiles, que de cuticule, elle est souple grâce à un agencement des molécules comparable à celui des fibres de cellulose, ce qui permet la torsion du buste dans tous les sens autorisés par l’endosquelette de type mammifère. Du reste, après avoir analysé la composition de la cuticule des membres, nous avons mis en évidence en couplage chitine-cellulose pour sa structure. En effet, la chitine ne permettrait pas seule la mise en place de portions aussi grandes. De surcroît, la cellulose augmente considérablement la flexibilité et la résistance du Troll.

     La tête du Troll est des plus étranges : elle ressemble à celle d’un Humain, en plus carré cependant, mais avec des mâchoires soudées. Pour cette raison, la bouche du Troll est une copie à grande échelle de celle des crustacés : l’orifice se ferme par deux « lèvres » de cuticule opposées en hauteur (comme chez les Mammifères), et sur les côtés, de nombreux appendices recouverts de cuticule permettent d’amener une nourriture broyée par leurs soins, à l’instar du commun des crustacés. Au-dessus de ses deux yeux à facettes, le Troll possède une grande corne d’une soixantaine de centimètre, qui lui sert de bélier au combat, mais sans doute aussi d’organe sensoriel, comme les antennes des insectes et des crustacés.

     Le Troll possède des excroissances de cuticule aux niveaux des coudes, des genoux et du dos. Ils sont efficaces autant pour donner des coups que pour les dévier, à la manière des éperons sur les armures de plaques. On peut reconnaître la femelle Trolle à sa petite queue triangulaire au niveau du bassin. Comme chez les tortues, elle sert à pondre des œufs, la Trolle ne pouvant pas porter d’enfant comme d’autres mammifères puisque leur carapace n’est pas extensible. Pour cette même raison, le Troll mue. Cependant, la seule partie fragilisée pendant la mue est le tronc. En effet, les nouvelles plaques poussent sous les autres dans les membres, et durcissent en faisant tomber les anciennes (il n’est pas exclu que la disposition lâche des plaques permette aussi cette mise en place). En revanche, cela est impossible pour la carapace, composée de kératine. Le Troll doit s’en séparer plusieurs fois au cours de sa vie. Cette mue lui permet donc de « changer d’armure » quand l’ancienne est usée par les coups. Cependant, la peau laissée libre pendant la mue n’est pas des plus fragiles. Même si le Troll est beaucoup plus vulnérable à ce moment, son derme est déjà recouvert en partie de kératine souple, et il possède toujours son endosquelette pour assurer le maintient. Sans compter qu’il est plus mobile sans la carapace qui, bien qu’articulée, ne peut pas offrir une liberté totale de mouvement. En fait, le Troll est plus vulnérable juste avant sa mue : ses membres sont alors plus lents à cause de la superposition des plaques de chitine-cellulose, et sa carapace est usée et trop étroite. Il ne peut alors plus non plus rentrer ses membres dans celle-ci pour les protéger, ni changer d’appendice manuel.

     La dernière particularité du Troll, et non la moins étrange, est son cri. Le cri du Troll est un son placé à l’exacte limite entre le hurlement de colère et celui du désespoir [1]. Ce cri hybride sème le trouble chez les guerriers les plus endurcis, il stupéfie littéralement la plupart des gens, voire paralyse momentanément d’étonnement. Il porte à plusieurs kilomètres, mais le Troll s’arrête généralement pour le pousser. Il constitue une véritable arme psychologique.

     Les sens du Troll ne sont pas bien définis : il doit posséder une ouïe, car son langage se compose de claquement et caquètement graves prononcés par les appendices devant la gueule. Là encore, un langage des signes avec ces organes n’est pas exclu. Vraisemblablement, les sons sont conduits au cerveau par de minuscules orifices en nombre conséquent sur la corne de la tête. Celle-ci semble également faire office d’organe olfactif peu efficace. L’ouïe et la vue sont les deux sens primordiaux chez le Troll, le sens du goût est bien développé aussi, car à de nombreuses papilles dans les creux de ses tentacules buccaux, où la cuticule est moins importante. En revanche, le toucher est quasi-inexistant et le flair déficient pour la raison expliquée plus haut, mais aussi parce que des petits pores parsèment la carapace de kératine au niveau des poumons. Elle est couplée de calcaire, comme une coquille d’œuf, en cet endroit, ce qui ne la fragilise pas. L’air entre directement dans les poumons, ce qui est plus profitable pour une créature de cette taille.

     Le Troll est donc une véritable machine à tuer. Ultra résistant, d’une force titanesque, avec une armure naturelle à toute épreuve lui assurant une mobilité appréciable, un armement naturel très efficace, et une bonne vitesse en course. De surcroît, il est capable d’utiliser des armes de jets grâce à sa vue perçante. Sans compter l’attaque psychologique que constitue son cri à ne surtout pas négliger. Corporellement, il constitue un formidable et bien étrange mélange entre les reptiles, les insectes, les mammifères, les crustacés. Fort heureusement, sa taille ne lui permet pas de s’infiltrer quelque part. A noter cependant qu’il est amphibie et peut rester plusieurs heures dissimulé dans l’eau d’un lac. La seule arme vraiment efficace sur lui recensée à ce jour est le feu (flétchar et sortilèges notamment). Les mentraques sont peu probantes, et cela permet d’affirmer que le Troll est intelligent et doté d’une grande volonté, bien qu’il ne puisse être psyolite. Il est donc apte à se diriger seul lors des batailles, il comprend seul où est sa meilleure place et est capable de déjouer des pièges, de résoudre des problèmes relativement complexes, mais aussi de reconnaître les limites de son corps et donc d’user de prudence. En lutte, il surclasse généralement les Géants, bien que ne disposant que de deux bras contre quatre. Le Troll serait sans doute le Bourreau le plus dangereux s’il pouvait communiquer avec tous les autres. Or, bien qu’il comprenne tous les langages des autres Bourreaux, seul l’Halvorque semble capable de comprendre le sien. Il n’en demeure pas moins le plus puissant et le plus dangereux en dégâts direct de toutes ces créatures.  

V. Le Cyclope

     Comme le Troll, le Cyclope fait partie des êtres hybrides « à part » chez les Bourreaux-de-Vie. Le fait est qu’il est le seul à ne rien avoir en commun avec les insectes. Le Cyclope est plus proche d’un hybride poisson/poulpe qui se serait habitué à vivre sur terre que d’un primate insectoïde. Ainsi, ses quatre jambes, par exemple, sont de véritables tentacules articulés sur un endosquelette que nous qualifierons de primitif : il est intermédiaire entre les arrêtes des poissons et les véritables tissus osseux des Vertébrés terrestres. Pour assurer sa tenue, il possède des ventouses sur une partie des tentacules jambiers, aussi, il n’est pas aussi instable qu’on pourrait le penser. Il a même un très bon équilibre, sans parler de la souplesse offerte à tous les éléments du corps par cette constitution sur squelette flexible. Ce squelette flexible lui permet également de bien supporter les chocs, mais est très lent à réparer une fois brisé (parfois plusieurs années). Pour renforcer sa constitution, le Cyclope a gardé les écailles des poissons sélaciens, très résistantes puisque composées d’émail et d’ivoire, dont le nombre et la petite taille n’altère pas la souplesse de la créature, tout en lui fournissant une protection comparable à celle d’une cotte de mailles, les inconvénients faces aux armes contondantes en moins. Ces écailles sont très glissantes, ce qui rend très difficile les prises de contact et les saisies sur le Cyclope. En revanche, les ventouses sur l’extrémité de ses membres antérieurs et le long de la face interne de ses membres postérieurs lui permettent d’adhérer à presque toutes les parois et de réaliser des tenailles d’une force impressionnante. Il est de surcroît capable de contrôler l’adhérence desdites ventouses. Etant donné la force et la forme fourchue des « bras », il est certain que ceux-ci sont issus d’une fusion des deux derniers tentacules d’un poulpe. Les écailles de Cyclope peuvent avoir pratiquement n’importe quelle couleur, mais ses chairs souples et solides sont toujours d’une couleur rosâtre.

     A cause de cette absence de véritables doigts et mains, le Cyclope est très malhabile. En revanche, pour 190cm debout (230cm totalement déplié) en moyenne, et 90 à 100kg, sa force et son allonge sont considérables, ce qui compense un manque de vitesse de réaction propre aux mollusques. Il est puissamment bâti, et possède une capacité d’accélération similaire à celle des poissons, permise par la souplesse de ses membres et une puissance de poussée hors norme. Il ne possède pas de queue comme les poissons, mais son épine dorsale est articulée et positionnée de la même façon que celle desdites créatures. On peut donc supposer que la queue a été « intégrée » au corps. Pour compenser la faiblesse d’une épine dorsale au milieu du tronc cylindrique, le Cyclope possède quatre types de vertèbres disposées en croix.

     Un crâne ovoïde et l’absence de menton caractérisent le faciès du Cyclope, en bon mélange entre le poisson et le poulpe. Sans fine bouche et sans lèvres, il possède de nombreuses dents orientées vers l’intérieur, de manière à ne laisser aucune chance aux proies. Il n’a qu’un seul œil, comme le poulpe, ce qui l’empêche de bien voir les perspectives et donc d’utiliser des armes de jet. Il est surmonté d’une corne d’une dizaine de centimètre, sans doute reste des becs communs à la plupart des poulpes. Sa vue est donc mauvaise, et l’absence d’organe olfactif ne lui permet pas de reconnaître les odeurs. En revanche, son sens du toucher est exacerbé par de nombreuses cellules nerveuses sous les écailles, qui lui octroient des réflexes à faire pâlir un Lutin, car elles sont motrices et sensorielles, indépendantes du reste du système nerveux. Sur les côtés de la tête, on trouve des sortes de nageoires triangulaires dissimulant l’orifice auditif et des branchies avec opercule. Les nageoires triangulaires ont plusieurs rôles : assurer la ventilation pour les branchies par de perpétuels battements, diriger le Cyclope lors de ses plongées aquatiques, et « lobe » d’une oreille à l’efficacité moyenne. Le maintient de l’humidité des branchies est assuré par un apport en eau provenant directement des échanges gazeux respiratoires du reste du corps. C’est grâce à cela que le Cyclope peut vivre sur terre.

     Le Cyclope peut également vivre en milieu aquatique. Ses tentacules postérieures le propulsent, les nageoires de la tête participent au déplacement ainsi que les bras, qui possèdent des nageoires aux « épaules », aux « coudes », et aux « poignets ». Il déploie à ce moment une nageoire dorsale, repliée et quasi-invisible à terre. Le Cyclope va dans l’eau notamment pour chasser et se reproduire. Il y pont également des œufs. Il est donc adapté aux deux types de vie.

     Ce Bourreau apparaît donc comme le plus polyvalent de tous. Il est très lent (sauf en milieu aquatique) malgré des réflexes rapides et une accélération importante, mais ses capacités naturelles de lutteur, et son habilité pour les armes de toute sorte (sauf les armes de jets) en font un soldat d’élite à la valeur reconnue. Très fort, souple, glissant, stable, une poigne d’acier, le Cyclope est un adversaire à ne jamais négliger, et également un assassin efficace grâce à son adhérence à toutes les parois et à son intelligence tout à fait honorable. Il possède des capacités intellectuelles indéniables, mais il est trop lent à réfléchir et à analyser les situations. Ce sont souvent ses réflexes qui le sauvent et qui font sa valeur au combat. Il est préférable de ne pas laisser la lutte s’éterniser face à cet adversaire, sinon, il agira également après avoir analysé les techniques de son opposant. D’où sa position en retrait dans les batailles : il intervient après avoir vu et compris, de manière à mettre tous les atouts possibles avec lui. Il devient alors très difficile à vaincre.


NB : les psyolites Cyclopes sont les plus puissants parmi les Bourreaux-de-Vie, avec le Réceptacle Extérieur au niveau 4 pour les meilleurs, l’Intérieur au niveau 3 et le Communautaire au niveau 2.


VI. L’Halvorque

     L’Halvorque est le plus dangereux de tous. Deux mètres de long pour 120kg d’armement chitineux, tacticien de génie, fin stratège, guerrier émérite, un esprit d’analyse très puissant, Ensorceleur Spécialiste poussé au maximum s’il en a les capacités, meneur de troupes hors pair, excellent coureur et acrobate, puissant et agile, et de surcroît capable de voler. Il n’y a guère que le psyolisme où l’Halvorque est assez mauvais, comparé aux autres peuples d’Irkice s’entend, car pour les Bourreaux, il n’est « que » 2e à égalité avec l’Hobgobelin.

     Non content de maîtriser parfaitement toutes les armes de jet et de contact, l’Halvorque est doté d’une morphologie spéciale pour le combat, directement puisée chez les mantes et les araignées, avec une stature redressée. Il possède également un double squelette, comme le Troll, mais pas la carapace de kératine, son tronc étant protégé de la même manière que le reste du corps, par des plaques de cuticules couplée de cellulose. L’endosquelette de type mammifère lui offre une bipédie laissant quatre bras libres mais un corps penchée vers l’avant. Comme pour le Troll, la cheville est vers l’arrière, ce qui permet à l’Halvorque de courir très vite et d’effectuer des bonds gigantesques. Sa démarche est cependant très saccadée : il pose vivement un pied devant l’autre, mais assez lourdement et avec un petit temps d’arrêt avant le mouvement suivant. Cette saccade est fortement diminuée lors de la course. La stabilité de cette stature est assurée par un abdomen un peu redressé vers le haut, faisant contrepoids avec le buste, dépassant de l’arrière du corps. En fait, le corps de cette créature ne se divise pas en plusieurs parties comme pour les mantes et les araignées, à cause de son endosquelette. D’un point de vue évolutif, c’est un peu comme si un mammifère avait développé les caractéristiques membranaires, sensorielles et reproductives d’un insecte sur sa propre organisation morphologique. Ainsi, il possède deux mains à cinq doigts sur les bras avants, mais des crochets et des lames sur les deux autres. De même, les trois paires de membres ne sont pas rattachées au corps au même endroit, mais les jambes au niveau de « hanches », les bras sur les épaules, la deuxième paire se rattachant juste au-dessous de la première. Les mains sont relativement habiles et permettent le travail de précision.

     En force et en vitesse, l’Halvorque vaut un Rakshasa, et le dépasse en fait en force grâce à ses quatre bras. Il est un peu moins agile que ce dernier à cause de son poids, qui ne lui permet pas non plus d’être très discret, même s’il possède tout le matériel insectoïde pour s’accrocher aux parois de toute sortes : poils adhérents, crochets, griffes, répartis sur le corps et les extrémités des jambes et de la paire de bras arrière. Dans le dos sont fixées des ailes, dissimulées par deux renfoncements dans la carapace que recouvrent des plaques de cuticule. Elles ne sont visibles au repos que le long de l’abdomen. Elles sont très flexibles et occupent une place très limitée quand elles ne sont pas déployées. L’Halvorque peut s’en servir pour voler de manière honorable, à la manière d’un criquet, et en produisant beaucoup de bruit, ce qui ajoute au manque de discrétion de l’espèce. Les plaques de chitine sont ponctuées d’ergots défensifs et/ou offensifs sur tout le corps, et les femelles en possèdent deux supplémentaires très longs et en forme de lame à la base de l’abdomen, d’où elle accouche d’un enfant déjà formé. Cette particularité montre bien que l’Halvorque tient du mammifère. Le nombril semble être à la base de l’abdomen aussi, et les deux lames susmentionnées servent à l’allaitement.

     La carapace de l’Halvorque se renouvelle au cours de la vie de la même façon que chez le Troll. Les plaques sont aussi un peu plus lâches qu’elle ne le devraient, et on repère la prochaine mue par un ralentissement du membre concerné, car l’Halvorque mue par partie, et non tout le corps en même temps le Troll.

     C’est au niveau du crâne allongé que la partie Arachnide de l’Halvorque s’exprime : on y trouve huit yeux simple ou a facettes, comme chez les araignées, pas d’antenne, et deux grandes mandibules (15 à 20cm) saillent d’une bouche possédant une langue. Cette langue donne à l’Halvorque un sens du goût correct, les huit yeux une vue exceptionnelle, et les poils sensitifs sur son crâne constituent un système auditif et olfactif efficace. Le sens du toucher est quasi nul. Il peut rétracter ses mandibules, ce qui lui offre la possibilité de se nourrir sans liquéfier ses proies au préalable comme les araignées. L’Halvorque produit également des fils de soie par son abdomen, mais pas de type gluant. Les Bourreaux-de-Vie s’en servent pour les vêtements, les cordes des arcs, des armures et beaucoup d’autres choses.

     Il est à noter que l’Halvorque, bien qu’il n’aime pas l’eau car elle altère ses sens olfactif et auditif, est capable de nager, très mal mais assez pour survivre.

     L’Halvorque est le plus redoutable de tous, sans aucun doute possible. Au combat singulier, il est quasi-invincible grâce à son armure et ses à armes naturelles (mandibules, éperons, lames, griffes, crochets), la Voie du Serpent restant inefficace sur lui pour l’instant. Seuls les Rakshasas maîtrisant la Voie du Tigre peuvent le vaincre à mains nues. Sinon, il faut des guerriers rapides avec des armes pesantes pour en venir à bout : centaures gnomes, Drelöths et Druides expérimentés dans les armes lourdes, Parangons Elfes, Samouraïs Rakshasas, Gardes d’Elite Nains... Sa vitesse de réaction est sensationnelle, sa force d’autant plus grande que ses mouvements sont vifs, précis, et qu’il ne retient jamais ses coups puisque ses membres sont parfaitement protégés. En mêlée, il enfonce aisément les lignes adverses, son chemin est empli des cadavres qu’il laisse derrière lui.

     En ce qui concerne son intelligence, elle est très bien développée, sournoise, il sait mener les troupes ou élaborer des stratégies complexes, et réagit très vite et excellemment bien aux changements de situation. Il est le seul à parler et comprendre toutes les langues des Bourreaux-de-Vie, et pour cette raison, il est Général de tous les groupes d’assaut importants. La seule chose qui lui pose problème, c’est l’espionnage, car il s’entend de loin (sauf sortilège de silence, qu’il affectionne particulièrement). Cependant, la nuit, sa carapace sombre et son agilité avec ses capacités de grimpeur lui permettent de se dissimuler, d’espionner voire d’assassiner discrètement, si les lieux sont assez grands pour lui permettre de passer. Il semble posséder un sixième sens qui l’aide dans ce genre d’entreprise, qui lui permet de sentir les vibrations dans l’air et le sol autour de lui avec une grande précision, à la manière des araignées. Les mécanismes entrant en jeu pour cette détection ne sont pas encore bien compris. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’Halvorque peut tout faire, tant en dégâts directs qu’indirects, en piège, en assassinat, en espionnage, en combat, en assaut, à la tête d’un groupe ou seul, même si dans la plupart de ces choses (sauf le commandement et la stratégie donc le dégâts indirects), un autre Bourreau-de-Vie est meilleur que lui, ou aussi efficace. L’Halvorque est complet.


[1] Les Fans d’Evangélion auront reconnu le cri en question ;-)

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